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Une girafe, c'est déjà pas courant sur internet. Et une girafe magique encore moins. Mais même magique, après quatre tours d'élections, elle n'a pu arriver qu'à cette conclusion :  décidémment la politique ne peut pas tout. Alors, que faire ? Vous, par exemple, que faites-vous ?
Mardi 22 janvier 2008 2 22 /01 /Jan /2008 23:23
mendes_france.jpg Alors que le glamour tend à se démoder, je peux enfin, sans vous choquer, afficher la photo non plus d'une nana jeune et canon (comme Minnie), mais d'un homme vieux et même d'un homme mort (comme Pierre). Sa seule qualité aujourd'hui, c'est d'avoir été un homme de conviction. Et plus si affinités.

Trop flemmarde une fois de plus, je vais donc me contenter aujourd'hui de vous citer un extrait du discours prononcé le 27 juin 1934 par Pierre Mendès France à la Chambre des Députés, discours dénonçant la politique fiscale du gouverment Doumergue. Pour les amateurs d'histoire, Doumergue fut Président de la République avant d'être rappelé, dans un conxtexte dont je vous passe les "détails", à la Présidence du Conseil pour prendre la tête d'un gouverment d'union nationale (mais regroupant principalement des figures de la droite parlementaire).

Bref, pas content de la politique fiscale, Mendès France se lance, alors soutenu par Léon Blum, dans un discours qui lui vaut aujourd'hui une ligne dans sa biographie sur le site de l'Assemblée Nationale. Certes les fondamentaux de l'économie (l'impôt sur le revenu est tout récent, l'agriculture est encore le premier secteur de l'économie, etc., etc.) sont bien différents de la situation actuelle. Mais l'inspiration reste. Et les perspectives annoncées ne sont peut être pas si éloignées de ce qui nous guette, 2008 nous promettant, à n'en pas douter, des chiffres de santé économique du pays tous plus réjouissants les uns que les autres.

"Au moment où vous dégrevez les impôts directs qui certes, sont imparfaits, mais qui constituent l'ébauche d'une fiscalité juste et équitable, vous regrevez les impôts de consommation qui sont les plus injustes (...)

Grâce à votre politique, il ne restera plus rien, ou à peu près plus rien, demain de l'impôt sur le revenu. Les valeurs mobilières et les professions libérales seront officiellement incontrôlées, les revenus fonciers et ceux du commercre seront soumis au forfait. Les bénéfices agricoles... n'en parlons pas (...) Il reste dans le cadre de l'impôt sur le revenu, d'après la déclaration contrôlée, exclusivement la cédule du travail, celle des salaires. Celle-là, vous l'aggravez (...) Jusqu'à ce que les salariés eux-mêmes écoeurés de cette injustice, réclament à leur tour sa supression.

Alors, l'un de vos successeurs, poursuivant votre besogne,
remplacera définitivement l'impôt sur le revenu par de nouvelles taxes indirectes, par une fiscalité de classe et de privilèges. la substitution de la taxation des choses à la taxation des personnes.

Cela, c'est l'impôt indiciaire, c'est l'impôt indirect, c'est l'impôt de la vie chère, qui décourage le consommateur et accroît la crise ; c'est l'impôt injuste, enfin, dont nous ne voulons pas !

Le gouvernement l'a choisi, c'est son droit. Mais qu'il n'attende pas de nous que nous l'aidions dans son oeuvre néfaste et dangereuse."

Alors, je sais nous sommes en 2008
, mais bon, l'intelligence et surtout l'esprit de justice (qui n'a pas toujours grand chose à voir avec la vivacité d'esprit, je vous l'accorde) ne vieillissent pas. Si ?


Par la girafe magique - Publié dans : Idealand
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Mardi 18 décembre 2007 2 18 /12 /Déc /2007 23:58
Mickey-Minnie-Mouse.jpeg
Si comme le dit le taoïsme, "moins, c'est plus"
, en ce moment, vous devez vous régaler avec ce blog... La girafe a du se perdre quelque part avec tant d'autres de son bord politique ou bien elle a juste du mal à se retrouver.

Ce qui la mène à des réflexions comme "n'aurait-il pas mieux valu naitre 30 ans plus tôt, histoire de vivre plein d'espoir (quitte à être déçu ensuite) sous une gauche de gouvernement ? " ou bien "à en juger par l'absence de gauche au pouvoir dans le monde, ne vaudrait-il pas mieux et tout simplement accepter la situation actuelle de la gauche comme son statut naturel ?". Je ne parle pas de la dispersion et du désordre mais de l'état de résistance auquel elle est contrainte... si ce n'est Impérieusement contrainte.

Sauf que la non-résistance est un autre truc qui a bien la cote dans les religions orientales. Mais ont-ils eux-aussi leur petit président qui, après avoir crié haut et fort "Sauvons Ingrid et le pouvoir d'achat" pour nous divertir de la réforme des régimes spéciaux, parade à Eurodisney au bras d'une ex-top modèle et ex-new singer (mais toujours croqueuse d'hommes) après la visite si réjouissante d'un guide ex-terroriste. Une femme ressemblant un brin à une ex-épouse, à laquelle elle succède à la vitesse de l'éclair, effaçant les déclarations d'amour éternel le jour de l'investiture officielle. Pour n'en citer qu'un. Mais même l'amour éternel s'efface alors parfois bien vite. Ou alors, ce n'était pas de l'amour. Ou pire encore, c'est nous qui sommes bien aveugles de croire que la nouvelle Minnie présidentielle n'est que la nouvelle "seule et unique" et qu'elle n'est pas l'arbre qui cache la forêt (qui l'a précédée et la suivra).

Enfin voilà, reste que, même si l'on fait mine de l'oublier, cela demeure un peu éprouvant de vivre dans une France dirigée par un président qui, non comptés ses étranges amis (et donc indirectement les nôtres) qu'il reçoit à Paris ou félicite au téléphone, court partout et ne s'arrête nulle part. Sauf que là, il a tout compris. Car comme le disent enfin certains sages, la vie n'est que mouvement. Et voilà. Dommage que ce mouvement-là aveugle jusqu'à ceux qui se révoltaient il y a six mois au point qu'ils n'aient même plus l'énergie de s'en offusquer. Heureusement (pour elle déjà), il en reste un peu à la girafe pour le constater.

Par la girafe magique - Publié dans : Sarkoland
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Lundi 15 octobre 2007 1 15 /10 /Oct /2007 16:51

marilyn.jpg
En attendant les deux événements chauds du moment à savoir la grève nationale du jeudi 18 octobre et l’annonce officielle du divorce du couple présidentiel, je m’intéresse actuellement à un sujet beaucoup moins glamour : la réforme des institutions. La photo, je vous le confirme, c'était donc juste pour attirer le chaland.

Tout mou aux commandes
Mis en place en juillet et présidé par l’ancien Premier ministre Edouard Balladur, le "comité de réflexion sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions de la Ve République" doit rendre son rapport (enfin, ses suggestions pour être plus précis) le 22 octobre. Ensuite, il y aura un projet de loi qui modifiera la constitution et sera soumis au parlement, puis au sénat, puis retour au parlement. Je vous l’accorde, vu de loin, ce n’est pas très fun. Et c’est pour ça que personne ne s’y intéresse. Mais c’est important.
Pour comprendre de quoi, il retourne vous pouvez lire :
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0,36-966510,0.html
http://www.lefigaro.fr/politique/20071013.WWW000000026_le_comite_balladur_pret_a_renforcer_le_pouvoir_du_president.html

et cette chronique d’Alain Duhamel sur la question
http://www.liberation.fr/rebonds/chroniques/chronique_politique/282214.FR.php

Vers le présidentialisme
Parmi ce qui pourrait voir le jour et qu’il faut retenir, il y a le renforcement du pouvoir présidentiel. Ce qui n’est pas lié uniquement à notre président actuel mais reflète une tendance de fond de la Vème république. L’article 20 de la Constitution : «Le gouvernement détermine et conduit la politique de la nation» pourrait devenir «Le président de la République définit la politique de la nation. Le gouvernement la met en œuvre». L’un des problèmes qui va être soulevé concernera alors la cohabitation. Car quid du respect du suffrage universel si le gouvernement a un rôle réduit ? Par ailleurs cette évolution présidentialiste devrait sous-tendre en contrepartie un renforcement des contre-pouvoirs. Et c’est sur ce sujet là qu’il faut porter notre attention. On va entendre parler du parlement. Il faudra aussi surveiller la justice.

Tout ça pour ça ?
L’introduction d’une dose de proportionnelle, l’audition du Président de la République devant l’Assemblée et les rapports au sein de l’exécutif (et la suppression éventuelle du rôle de premier ministre) suscitent et devraient continuer de susciter le débat. Mauvaise nouvelle donc, il est aussi possible que la réforme des institutions ne voit pas le jour. Au final, tout dépendra surement de l'intérêt qui trouvera (ou n'y trouvera pas) notre nouveau Président.

Le nouveau vengeur masqué
Bon, la réforme des institutions, d'accord mais privés de glamour, vous aimeriez quand même plus de critique ? Alors, à défaut d’un PS parlant d’une seule voix ou d'un Modem d’une grosse voix, il faut aller tendre l’oreille
dans la majorité elle-même et écouter le champion du CPE et de Clearstream, Monsieur De Villepin ainsi que ses compagnons. Etrange mais vrai. Reste donc à espérer que ce soit quand l’attaque vient de son propre camp qu’elle porte le plus.
http://www.lesechos.fr/info/france/4635038.htm


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Mardi 9 octobre 2007 2 09 /10 /Oct /2007 14:25

Je suis un peu flemmarde aujourd’hui alors je vais juste vous citer un extrait de « Testament à l’anglaise » de Jonathan Coe. Des paroles prononcées par le personnage, pas très sympathique vous le verrez, d’Henry Winshaw mais qui me rappellent quelque chose ou quelqu’un de plus français :
«Le truc, c’est de faire sans cesse des choses scandaleuses. Il ne faut pas laisser aux autres le temps de réfléchir après avoir fait passer une loi révoltante. Il faut aussitôt faire passer quelque chose de pire avant que le public ne puisse réagir. Vois-tu, la conscience britannique n’a pas plus de capacité que… qu’un petit ordinateur domestique, si tu veux. Elle ne peut conserver en mémoire que deux ou trois choses à la fois.(..) Le chômage par exemple. Depuis quand n’a-t-il pas fait les gros titres des journaux ? Il ne fait plus hurler personne désormais.»

Et puis, si vous voulez aussi vous informer, je vous recommande chaleureusement cette petite analyse intitulée : «Une sorte d’oligarchie se met en place» pour comprendre dans quel cadre les décisions sont prises et à quel point le suffrage universel est en train de se faire marcher sur les pieds. Sans complexe.
http://www.liberation.fr/actualite/politiques/283471.FR.php

 

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Vendredi 5 octobre 2007 5 05 /10 /Oct /2007 14:59
gymnastique.jpg


Monsieur le proviseur,

j'ai tardé à faire ma rentrée je vous l'accorde. Mais tout retard a son explication. Et dans le cas présent, l'explication est double. Je vous prie donc de bien vouloir prendre le temps de juger de sa recevabilité.


Problème de vue

D'une part, j'ai été incapable depuis quelques temps de me tenir informée correctement et pour commencer incapable de lire intelligemment la presse. Pourquoi ? Parce qu'il est partout. Est-il même besoin de le citer pour que vous compreniez de qui je parle ? Il est partout et ça me gêne. Comme lorsque quelqu'un se met entre vous et la télé. Vous ne voyez plus. Et il ne veut pas décamper. Il se met entre vous et la vérité. Et quand en plus, il vous abreuve de conneries à longueur de journée (pour parler poliment), vous avez beau savoir que la vérité est derrière, vous ne la voyez plus. Vous ne voyez plus que lui. Du coup, vous décidez d'aller faire un tour. En attendant qu'il disparaisse ? Non. Car rien n'est moins envisageable. En attendant que vous vous habituiez à le voir ? Non plus. Car c'est juste impossible. En attendant de trouver une solution ? Plus probablement... mais laquelle ?


Tendance à la somnolence

D'autre part, j'ai été assez désespérée, d'abord inconsciemment et maintenant consciemment. Parce qu'il fait ce qu'il dit et dit ce qu'il fait
(enfin, de moins en moins) ? Non. Ca, je m'y attendais (et le moins en moins aussi). Non, plutôt parce qu'il est éprouvant de constater à quel point tout le monde s'en fout. A quel point les gens ont oublié la passion du début d'année. Oublié que notre nouveau président devait être mis sous surveillance de notre intelligence. Eprouvant de constater à quel point tout sens critique a disparu. Et c'est justement ce dernier point qui rend tout ça non seulement éprouvant mais désespérant. Car pourquoi tout sens critique a disparu ? Parce qu'il devient, et j'y reviens, difficile de rester informé et distancié avec tout ce tapage médiatique. Pour moi, comme pour tout le monde. Ou tout du moins, comme pour tous les gens qui ne sont ni réjouis, ni indifférents à ce que fait notre nouveau président de notre pays. Alors, au delà, ce qui est totalement désespérant, c'est la désormais impossibilité de faire entendre la critique assez haut et fort pour que cela change quelque chose. De toute façon, crier le plus fort ne suffit pas à faire évoluer les consciences. Et comme en plus, en ce moment, elles somnolent gentiment...

Pas au programme : ma participation à la guerre d'usure
Alors pourtant, il me faut réintégrer mes quartiers. Mais comment ? Ou, plus précisément, comment résister à cette affreuse déferlante ? La question reste entière. Déjà, on ne va quand même pas s'épuiser à lister toutes les choses inacceptables qui se trament. Ca commence par des réductions d'impôts totalement injustifiables. Ca continue avec une dérive dictatoriale consistant à reprendre systématiquement ses ministres et réprimander les membres de son propre parti (ou à l'inverse, à les infantiliser par une politique des bons points). Ca se poursuivra avec les conséquences recherchées lorsqu'on fait des cadeaux fiscaux : la rigueur et la réduction du rôle de l'état. Des conséquences accélérées par la mauvaise conjoncture économique. Et ça s'entretiendra avec des amitiés bien placées dans les médias, pour bien manipuler les foules et leur faire avaler n'importe quoi, particulièrement dans la perspective proche des élections municipales. Sans parler de bling bling et de politique internationale. Relever l'ensemble des dérives est un boulot tout simplement titanesque. Et on en crèverait avant même d'avoir pu aborder la contre-attaque. Alors que faire ?


Au programme : faire du sport

Pour commencer, il faut revenir à l'essentiel et pour cela, pratiquer régulièrement une petite gymnastique de l'esprit. Il faut se placer au dessus de cet enfumage de masse. L'évaluer au regard des valeurs et principes essentiels qui sont actuellement remis en cause : la séparation des pouvoirs, non seulement les trois pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, mais le pouvoir étatique et le pouvoir financier. La laïcité. La solidarité. Que sais-je encore ? Après, qu'on arrive à influer sur la marche des choses, rien n'est moins certain. Notamment parce que c'est peut être la marche du monde de voir les consciences dériver. Plus sûr en revanche est l'accroissement de notre désespoir au fil des années qui vont passer. Peut être les 5 prochaines. Peut être les 10. Mais je ne veux pas qu'il endorme ma conscience. Alors, il ne reste que la gymnastique. Celle de l'esprit. Et elle demande autant de discipline que celle du corps.


J'aurais aimé venir avec plus belle excuse et plus beau programme pour cette année scolaire, qui a déjà bien démarré mais non. Ce n'est pas un programme de rupture, une approche pourtant bien en vogue actuellement, mais j'espère néanmoins qu'il suffira à emporter votre adhésion pour me maintenir à mon poste.


D'ici là, je vous prie d'agréer mes plus sincères salutations.


La Girafe Magique, responsable déléguée au maintien d'une conscience politique en période de crise




Par la girafe magique - Publié dans : Sarkoland
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