Lundi 19 mars 2007
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Ce qui est chouette avec une campagne présidentielle, c'est qu'on entend parler de plein de trucs auxquels on ne comprend rien. Et moi, ce que j'aime le plus pour ça, c'est les chiffres. Très insidieux le chiffre. On croit qu'on comprend mais en fait non.
Personnellement, je compte en euros. Mais là, généralement, ça parle en millions quand ce n'est pas en milliards. Des constats sur la dette de l'Etat (lisez la suite vous en saurez plus...) aux propositions d'augmentation du budget de la recherche, on voit défiler toute une parade de petits et grands chiffres. Rarement replacés dans leur contexte.
Du coup, je suis partie à la conquête de ce contexte. Je me suis dit, partons du budget de l'Etat, car c'est bien de ça qu'on parle. Sauf qu'en cherchant un peu, j'ai vite réalisé qu'en fait, les finances publiques, ce n'est pas que le budget de l'Etat. C'est aussi celui des collectivités locales (communes, départements, régions...) et de l'administration de la sécurité sociale (assurance maladie, assurance vieillesse, famille et accident du travail).
Voilà un petit panorama introductif en euros et en image (avec un code couleur rouge pour ce qui coûte, vert pour ce qui rapporte).
Ah, non, ne vous découragez pas déjà ! C'est très intéressant. Regardez, par exemple, la Sécurité Sociale seule pèse plus que l'Etat dans son ensemble. Et une info supplémentaire : l'Etat et les collectivités territoriales dépensent aussi un peu pour la protection sociale et la santé. Au final, 56% des dépenses publiques (soit plus de 500 Milliards en 2005) qu'on va appeler la grosse moitié, sont consacrés à la protection sociale et la santé. Les deux gros postes, c'est l'assurance maladie et l'assurance vieillesse. Cela dit, pour vous rassurer, lorsqu'on ramène ces dépenses publiques sociales au PIB, on est grosso modo au niveau des pays du nord de l'Europe et de l'Allemagne. Ouf, alors !
Ensuite, vous avez vu ? On a un sacré différentiel entre les dépenses et les recettes. 50 Milliards en 2005. C'est ce qu'on appelle le déficit public. Vous n'étiez pas au courant ? Mais où étiez-vous ces dernières semaines ? Bon, pour info quand même, c'est en majeur, l'Etat et en mineur, la Sécurité sociale qui en sont les gros contributeurs. La dette publique, c'est alors le cumul de tous les déficits, un pactole qui s'élève à désormais 1200 milliards, soit 65% du PIB en 2006. Et là, on se classe pas vraiment bien parmi les pays européens. Pour l'anecdote, le service de la dette, c'est à dire le paiement des intérêts a représenté près de 40 milliards en 2006. Ces 40 milliards apparaissent dans le budget de l'Etat et constitue son deuxième poste de dépense après l'enseignement. Ce qui fait dire logiquement que la dette nourrit la dette... Enfin, pour rappel, les montants maximum autorisés par le traité de Maastricht (3% du PIB pour le déficit et 60% pour la dette) ne sont plus respectés depuis 2002.
(pour le paragraphe suivant, j'avoue, je me suis bien inspirée du site www.vie-publique.fr)
Pour autant, peut-on affirmer que la dette publique constitue un fardeau pour nos enfants ou pour les générations futures ?
OUI, si cette dette a financé des dépenses de consommation courante ou si la charge de la dette freine la croissance économique. NON, si cette dette a financé des dépenses d'éducation, de santé, d'infrastructures ou d'équipements collectifs dont profiteront nos enfants, ou bien des dépenses de nature à soutenir la croissance et, par conséquent, le niveau de vie des générations futures.
Il découle assez logiquement de ces réponses intuitives l'idée d'une "règle d'or", que l'on retrouve dans la loi constitutionnelle allemande et dans la comptabilité des collectivités territoriales en France, et qui consiste à ne pouvoir financer par endettement que des investissements. Il convient pourtant de ne pas dramatiser le risque d'insolvabilité de l'État : contrairement aux ménages, qui doivent rembourser leurs dettes sous peine de voir leur héritage amputé, la continuité de l'État lui permet, en théorie, d'être perpétuellement endetté. Par ailleurs, le maintien d'un socle minimal de titres de dette publique est nécessaire au bon fonctionnement des marchés financiers modernes.
Vous êtes encore là ? Alors, vous devez savoir un peu compter en milliards maintenant, non ?
C'est pas vrai, vous en voulez encore ? Les sources sont infinies et rarement exhaustives mais vous pouvez commencer par une petite visite à notre ministre du budget à l'adresse www.performance-publique.gouv.fr/cout_politique/caracteristiques/index.htm. Vous allez voir, sur ce site ou un autre, de la répartition des recettes fiscales (avec la TVA qui pèse pour la moitié des recettes de l'Etat, l'impôt sur le revenu 20%, celui sur les société 17%... D'ailleurs savez-vous combien de foyers ne sont pas imposables ? 60%, et voilà, maintenant vous savez) au nombre de fonctionnaires (5 millions, soit un emploi sur 5) en passant par le fameux montant du budget de recherche (21 Mds réunis avec l'enseignement supérieur, au 4ème rang des dépenses de l'Etat derrière l'enseignement scolaire, le service de la dette et la défense... Comme ça vous pourrez comparer les propositions de notre trio de candidats qui s'expriment soit en %, soit en Mds, soit en multiplication), c'est l'éclate totale ! Enfin, si on veut...
Dimanche 18 mars 2007
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13:47
Par où commencer ce blog, c’était bien la première question. La plus facile aussi. Par l’essentiel !
Et l’essentiel, c’est le trio infernal : Ségolène Royal, François Bayrou, Nicolas Sarkozy. Car comment voter en pleine conscience sans comprendre clairement le positionnement de ces trois candidats. Chacun se définissant indépendamment et dépendamment des deux autres (c’est tout l’art de la démocratie).
Pour me simplifier la vie (et l’internet), j’ai opté pour l’option synthétique, l’option grille de lecture, l’option reprenons les bases pour y voir clair. Vous ne trouverez donc pas ici la 230ème base de données comparatives des propositions par thème. Ils en existent des très bien faites ailleurs. En fait, et même si je doute d’échapper à la tentation d’agrémenter ce blog de quelques gimmicks (on n’est quand même pas là que pour se bourrer le crâne), j’entends surtout me projeter dans trois directions :
La première direction (et la plus alléchante, j’en suis certaine) «L’essentiel présidentiel» : la mise en perspective des trois candidatures pré-citées (ça risque de faire over-promising mais bon, puisque tout le monde est under-promising en ce moment, à commenter les sondages en France et parfois même en Belgique (!), la couleur des tailleurs et le nombre de caméras, autant essayer). L’idée c’est de comprendre l’essence et les valeurs de chaque "programme", les mécanismes de réflexion qui l’articulent ou l'animent et les défis du parti qui a mené le (la) candidat(e) jusque là (voire l’inverse).
La deuxième direction (la plus laborieuse sans doute pour moi) «Les grandes questions»: c’est de définir quelques repères sur des questions phares comme l’emploi, l’enseignement, l’environnement, la santé, la mondialisation…Forcément, il n’y aura pas de la place (et du temps) pour tout le monde mais mieux vaut quelques pistes claires qu’un grand flou.
Enfin, la troisième direction (la moins funky en apparence mais peut être aussi celle qui permet de bien lire tout le reste) «Les incontournables» : les questions un peu institutionnelles. L’Etat, son budget, ses recettes, ses dépenses et cette fameuse histoire de dette (mais à qui doit on d’ailleurs ces 1200 milliards d’euros ?). Le Président de la République, ses missions, sa marge de manœuvre notamment avec l'Union Européenne, le fonctionnement de la Vème République... Et puis aussi quelques petits points sur les fondements du modèle français (notamment social) et tant d'autres encore.
Bon, je sais, c'est un programme ambitieux, et vous savez ce qu'on dit des promesses... Mais, ce plan vous donnera peut-être déjà quelques idées d'exploration de votre côté aussi.
Par la girafe magique
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Publié dans : A propos de la girafe magique
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Dimanche 18 mars 2007
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13:45
Avant d’être magique, j’étais juste une girafe. Une girafe en bois rouge et blanc. Ou plutôt une girafe déboussolée. Déboussolée et déconcertée face à l’élection présidentielle et à sa double question : pour qui voter et pourquoi. Et donc par symétrie (et par rigueur intellectuelle), pour qui ne pas voter et pourquoi « ne pas ».
Alors, j’ai voulu prendre de la hauteur, parce que lire les journaux, écouter la radio, ou pire, regarder la télévision, cela produisait tout l’effet inverse. Et avec mon grand cou, j’en attrapais des torticolis. Du coup, j’ai espéré trouver cette hauteur sur internet. Mais là non plus. Rien. Et on était déjà début mars... J’ai donc pris mes jambes à mon cou, et mis mes grandes papattes dans le cambouis.
Au départ, la politique, c’est pas franchement ma spécialité. Mais comme tous les 5 ans, quelqu’un (qui a fait en sorte, il y a longtemps, que les girafes puissent voter) suppose que ça l’est, j’ai décidé de m’y mettre. Et parce qu’internet le permet, je vous propose de profiter de mes petites et grandes découvertes. En espérant que la quête soit éclairante (déjà pour moi) et, si possible, un peu magique (pour vous aussi), je suis ravie de vous accueillir ici… ou où que ce soit d’ailleurs, tant que cela vous remue un peu les méninges et les idéaux. So, let’s get it started !
Par la girafe magique
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Publié dans : A propos de la girafe magique
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Jeudi 15 mars 2007
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22:39
Alors voilà, c'est moi la girafe magique
Par la girafe magique
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