Partager l'article ! Rentrée sportive: Monsieur le proviseur, j'ai tardé à faire ma rentrée je vous l'accorde. Mais tout retard a son explicatio ...


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Monsieur le proviseur,
j'ai tardé à faire ma rentrée je vous l'accorde. Mais tout retard a son explication. Et dans le cas présent, l'explication est double. Je vous prie donc de bien vouloir prendre le
temps de juger de sa recevabilité.
Problème de vue
D'une part, j'ai été incapable depuis quelques temps de me tenir informée correctement et pour commencer incapable de lire intelligemment la presse. Pourquoi ? Parce qu'il est partout.
Est-il même besoin de le citer pour que vous compreniez de qui je parle ? Il est partout et ça me gêne. Comme lorsque quelqu'un se met entre vous et la télé. Vous ne voyez plus. Et il ne
veut pas décamper. Il se met entre vous et la vérité. Et quand en plus, il vous abreuve de conneries à longueur de journée (pour parler poliment), vous avez beau savoir que la vérité est
derrière, vous ne la voyez plus. Vous ne voyez plus que lui. Du coup, vous décidez d'aller faire un tour. En attendant qu'il disparaisse ? Non. Car rien n'est moins envisageable. En
attendant que vous vous habituiez à le voir ? Non plus. Car c'est juste impossible. En attendant de trouver une solution ? Plus probablement... mais laquelle ?
Tendance à la somnolence
D'autre part, j'ai été assez désespérée, d'abord inconsciemment et maintenant consciemment. Parce qu'il fait ce qu'il dit et dit ce qu'il fait (enfin, de moins en
moins) ? Non. Ca, je m'y attendais (et le moins en moins aussi). Non, plutôt parce qu'il est éprouvant de constater à quel point tout le monde s'en fout. A quel point les
gens ont oublié la passion du début d'année. Oublié que notre nouveau président devait être mis sous surveillance de notre intelligence. Eprouvant de constater à quel point tout sens critique a
disparu. Et c'est justement ce dernier point qui rend tout ça non seulement éprouvant mais désespérant. Car pourquoi tout sens critique a disparu ? Parce qu'il devient, et j'y reviens, difficile
de rester informé et distancié avec tout ce tapage médiatique. Pour moi, comme pour tout le monde. Ou tout du moins, comme pour tous les gens qui ne sont ni réjouis, ni indifférents à ce que fait
notre nouveau président de notre pays. Alors, au delà, ce qui est totalement désespérant, c'est la désormais impossibilité de faire entendre la critique assez haut et fort pour que cela change
quelque chose. De toute façon, crier le plus fort ne suffit pas à faire évoluer les consciences. Et comme en plus, en ce moment, elles somnolent gentiment...
Pas au programme : ma participation à la guerre d'usure
Alors pourtant, il me faut réintégrer mes quartiers. Mais comment ? Ou, plus précisément, comment résister à cette affreuse déferlante ? La question reste entière. Déjà, on ne va quand même pas
s'épuiser à lister toutes les choses inacceptables qui se trament. Ca commence par des réductions d'impôts totalement injustifiables. Ca continue avec une dérive dictatoriale consistant à
reprendre systématiquement ses ministres et réprimander les membres de son propre parti (ou à l'inverse, à les infantiliser par une politique des bons points). Ca se poursuivra avec les
conséquences recherchées lorsqu'on fait des cadeaux fiscaux : la rigueur et la réduction du rôle de l'état. Des conséquences accélérées par la mauvaise conjoncture économique. Et ça
s'entretiendra avec des amitiés bien placées dans les médias, pour bien manipuler les foules et leur faire avaler n'importe quoi, particulièrement dans la perspective proche des élections
municipales. Sans parler de bling bling et de politique internationale. Relever l'ensemble des dérives est un boulot tout simplement titanesque. Et on en crèverait avant même d'avoir pu aborder
la contre-attaque. Alors que faire ?
Au programme : faire du sport
Pour commencer, il faut revenir à l'essentiel et pour cela, pratiquer régulièrement une petite gymnastique de l'esprit. Il faut se placer au dessus de cet enfumage de masse. L'évaluer au regard
des valeurs et principes essentiels qui sont actuellement remis en cause : la séparation des pouvoirs, non seulement les trois pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, mais le pouvoir
étatique et le pouvoir financier. La laïcité. La solidarité. Que sais-je encore ? Après, qu'on arrive à influer sur la marche des choses, rien n'est moins certain. Notamment parce que c'est
peut être la marche du monde de voir les consciences dériver. Plus sûr en revanche est l'accroissement de notre désespoir au fil des années qui vont passer. Peut être les 5 prochaines. Peut être
les 10. Mais je ne veux pas qu'il endorme ma conscience. Alors, il ne reste que la gymnastique. Celle de l'esprit. Et elle demande autant de discipline que celle du corps.
J'aurais aimé venir avec plus belle excuse et plus beau programme pour cette année scolaire, qui a déjà bien démarré mais non. Ce n'est pas un programme de rupture, une approche pourtant bien en
vogue actuellement, mais j'espère néanmoins qu'il suffira à emporter votre adhésion pour me maintenir à mon poste.
D'ici là, je vous prie d'agréer mes plus sincères salutations.
La Girafe Magique, responsable déléguée au maintien d'une conscience politique en période de crise